Audition 2014, conservatoire du 6ème, restitutions des créations lors des cours de piano, violon, violoncelle

Lors de l’audition 2014 des classes de piano, violon, violoncelle et composition, les élèves ont pu faire entendre leur travail sur le thème de cette année, consistant à étudier des pratiques musicales extra-européennes pour en extraire un concept particulier, le travailler techniquement, puis le retrouver dans des œuvres du répertoire, jouées de façon à mettre en évidence ce concept.

Les concepts étudiés sont : l’imparité rythmique chez les pygmées Aka et Banda-Linda, mise en relation avec un prélude de Bach, la « longue ligne » chez les habitants d’une île de l’archipel des Vanuatu, mis en relation avec un autre prélude de Bach, et certains jeux vocaux Inuïts, mis en relation avec l’introduction de la cathédrale engloutie de Debussy. Les extraits ci-dessous sont liés à ce travail, et montrent comment les élèves ont créé ces liens lors de leurs cours de piano, cours de violon, cours de violoncelle : soit littéralement (prélude en Ré Majeur de Bach, en lien avec les dessins sur le sable des Vanuatu), soit indirectement (étude en fa mineur de Chopin, dont la fluidité rythmique de l’exécution des double broderie doit beaucoup au même travail.

Classe de piano

Chopin, étude en fa mineur interprétée par Yvain Lagelouze, classe de Fabrice Guédy Debussy, « La puerta des vino », prélude extrait du premier livre, interprété par Pierre Fleury, classe de Fabrice Guédy

Expérimentation musique et arts plastiques

Schoenberg Op 19 N°6 Interprétée par Adélaïde.
Afin de représenter certaines progressions de timbre, Adélaïde a peint 20 fois le même paysage dont seules les couleurs changent. Elle contrôle grâce à une pédale les couleurs qui correspondent aux accords qu’elle joue en temps réel. L’idée de cette expérimentation est celle de partition dynamique.

Schoenberg Op 19 N°2 Interprétée par Adélaïde Landreau. L’œuvre est composé d’un processus rythmique qui tourne en rond, perturbé par un processus mélodique qui parvient à le déstabiliser. Charlotte et Esther élèves ont essayé de figurer ces deux processus dans un dessin / partition exécuté en temps réel. Il est à noter que le dessin commence avant la musique.

 

Expériences d’ethnomusicologie

Création d’une étude, composée à partir de deux formalismes. Le premier concerne l’organisation des durées, sous forme d’arbres rythmiques, c’est-à-dire basés sur la propagation d’une contrainte de durée directement inspirée des travaux de Simha Arom. Le second concerne l’organisation des hauteurs, sous forme de mode non-octaviant, directement inspiré des travaux de vyshnegradsky. Dans le cadre du projet de l’Atelier des Feuillantines dans la classe de Véronique Jan au lycée Janson de Sailly Jacqueline Chen, élève de Mélisande Chauveau, interprète le prélude en Ré Majeur du premier livre du clavier bien tempéré de Bach. Ce prélude est construit suivant un dispositif visuellement comparable aux dessins sur le sable que produisent les habitants d’une des îles de l’archipel des Vanuatu. Etudiés dans une approche ethnomathématique par Marc Chemillier, ces dessins semblent être une solution au problème des « chemins euleriens » de la théorie des graphes. Le projet a consisté à rejouer le prélude en alternant toutes les 4 notes au piano et sur un dispositif permettant de refaire le dessin en produisant les 4 autres notes. L’ensemble de l’œuvre a ainsi été jouée sous la forme d’une conversation entre deux cultures. Du point de vue stylistique, cette performance n’est pas incongrue car l’écriture de Bach emprunte autant à la rhétorique qu’à l’harmonie et au contrepoint.

Ci-dessous : le même prélude de Bach rejoué pour moitié par la pianiste, pour moitié en dessinant à l’aide d’une palette graphique. A chaque fois que l’on dessine un arc sur l’image de la tortue, un ordinateur émet les notes jouées par la pianiste « à l’envers » et transposées comme sur la partition.